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María Cervantes : « Après cinq mois d'enfer, l'association des joueurs m'a aidé à organiser mon opération du genou »

Blessure L'histoire du joueur
13 avril 2022
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  • María, gardienne de but, 20 ans, est l'un des grands espoirs du football féminin au Panama.
  • En 2021, elle a été victime à deux reprises de déchirures du ménisque des deux genoux.
  • Son club, Universitario, et les compagnies d'assurance maladie ne lui ont pas été d'un grand secours pendant cinq mois. Le syndicat de footballeurs professionnels Afutpa lui a en revanche apporté une aide précieuse pour se faire opérer. 

« C'est arrivé à un moment où j’étais sortie pour intercepter un centre. Cette chute et ce bruit dans mon genou... Cette douleur m'était familière. Je l'avais déjà ressentie à l'autre jambe un an auparavant et je savais ce qui m'attendait : des semaines et des semaines de rééducation, être à nouveau sur la touche et, dans le pire des cas, devoir subir une opération. 

C'était le 30 septembre 2021 et nous disputions le premier match de la nouvelle saison pour Universitario. Je n'arrivais pas à y croire. En mai de la même année, je m'étais déchiré les ménisques du genou droit alors que je jouais pour Chiriquí et je n'étais sur pied que depuis quelques semaines. C'était comme si le monde s'écroulait. Je restais optimiste, mais mon cauchemar ne faisait que commencer. 

Je suis allée voir le médecin qui m'a dit que j'avais une rupture du ménisque, qu’il fallait sans doute que je me fasse opérer et que ma convalescence ne serait aussi longue que lorsque je m'étais déchiré le ménisque du genou droit.

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Mais dès les premiers jours, j'ai eu des problèmes de communication avec mon club à propos de la prise en charge des frais de l'intervention chirurgicale. Silence de la part des responsables. Mon entraîneur faisait le lien entre la direction et moi et a toujours essayé de m'aider. 

Deux semaines après la blessure, Universitario a pris contact avec moi : j'ai appris que la police d'assurance dont bénéficient tous les footballeurs au Panama n'allait pas pouvoir prendre en charge la totalité du coût de l'opération. 

Il se trouve que chaque année, nous disposons de 10 000 dollars en assurance pour faire face à nos problèmes de santé. En raison des coûts de récupération de ma première blessure, Universitario m'a dit qu'il ne me restait que 2 000 dollars de cette assurance et qu'il me fallait encore entre 2 400 et 2 600 dollars pour payer l'opération. Le club m'a dit qu'il allait s'occuper du reste de la prise en charge, mais l'opération n'a jamais eu lieu. J'ai fait des démarches et on m'a dit et répété que je devais attendre, encore attendre. 

Deux mois ont passé, pas de réponse. La fois précédente, pour me rétablir, il m'avait fallu presque autant de temps, mais j'étais toujours blessée et je ne pouvais même pas poser le pied sur le terrain d'entraînement. J'avais de plus en plus de difficultés avec ma jambe. Il me fallait une canne pour me déplacer, une situation inimaginable à l'âge de 20 ans, et parfois mon genou se bloquait et me causait des douleurs insupportables. 

 J'ai fini par contacter le syndicat de footballeurs du Panama, Afutpa. Je savais que mon club me mentait, qu'il se passait quelque chose d'étrange, mais je ne pouvais rien faire toute seule. Dès le départ, nous avons essayé ensemble de trouver la solution la plus rapide possible pour sortir de ce conflit. 

Fin janvier, Universitario m'a dit que la couverture d'assurance était arrivée à échéance et que le club allait signer avec une autre compagnie d'assurance. Mais la nouvelle compagnie nous a informés qu'elle n'allait pas prendre en charge le coût de l'opération, puisque ma blessure était survenue lorsque le football panaméen était lié à une autre compagnie. 

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Mon moral était au plus bas. Mes coéquipiers ont bien vu dans quelle situation je me trouvais et m'ont conseillé de garder mon calme et d'essayer de rester positive. Mais à quoi pouvais-je me raccrocher pour avoir un espoir d'être opérée ? 

Universitario m'a assuré que les plus hautes instances s'occuperaient de cette intervention chirurgicale, mais des semaines et des semaines se sont écoulées sans qu'elle n'ait lieu. 

C'est alors qu'Afutpa m'a donné une lueur d’espoir dans le calvaire que je traversais. Le 11 mars, ils ont publié mon problème sur leur plateforme Facebook et l'effet a été immédiat et considérable. Même les médias nationaux ont repris mon récit. 

Comme on pouvait s'y attendre, une fois le différend rendu public, la réponse ne s'est pas fait attendre. La Fédération panaméenne de football allait prendre en charge les frais de mon opération. Finalement, après avoir attendu près de six mois, j'ai été opérée du genou le 19 mars, huit jours seulement après la révélation de cette affaire par Afutpa. 

Aujourd'hui, je suis toujours en voie de guérison et mon contrat avec Universitario a été résilié. J'ai hâte d'être en pleine forme et de pouvoir trouver une place dans une autre équipe au Panama. Après tout, le football, c'est ma vie, et je rêve toujours de revenir sur le terrain. Maintenant, j'ai vraiment des raisons d'y croire ».