• Le syndicat français des footballeurs (UNFP) et les partenaires sociaux du football français ont signé deux conventions collectives historiques qui couvrent le football professionnel féminin et la toute nouvelle Ligue 3 masculine
  • Ces conventions instaurent des droits du travail plus solides, une meilleure protection en matière de santé et de maternité, des normes minimales ainsi que des droits à l'image collectifs pour les footballeurs et les footballeuses
  • Ces accords démontrent que le dialogue social continue d’apporter des améliorations significatives aux joueurs et aux joueuses, tout en soutenant le développement durable du football professionnel

Les footballeurs et les footballeuses français bénéficieront de meilleurs droits et de meilleures conditions de travail à l'approche de la saison 2026/27, à la suite de la signature de deux nouvelles conventions collectives par les partenaires sociaux du football professionnel français.

Les accords, négociés et signés par le syndicat français des footballeurs (UNFP), l'association française des employeurs du football professionnel (FOOT UNIS) et l'union des clubs de la Ligue française de football (U2C2F), élargissent considérablement le champ d'application de la négociation collective dans le football français et soulignent le rôle du dialogue social dans la protection des footballeurs et des footballeuses.

Ces accords prévoient des droits du travail plus solides, une meilleure protection en matière de santé et de maternité, des normes minimales ainsi que des droits à l'image collectifs pour les footballeurs et les footballeuses en France.

« La signature de ces accords collectifs est une excellente nouvelle pour l’ensemble du football professionnel français », a déclaré le président de l'UNFP, David Terrier, qui occupe également le poste de président de la FIFPRO Europe et siège au Conseil de la FIFPRO.

« Elle démontre que le dialogue social n’est pas seulement un outil de régulation, mais un véritable levier de progrès et de transformation pour notre secteur. »

« Une conviction désormais partagée au niveau international, comme en témoignent les accords conclus entre l'UEFA et la FIFPRO Europe, puis entre la FIFA et la FIFPRO. »

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Joueurs du MHSC (Crédit : Imago)

Un accord historique pour le football féminin

La nouvelle convention collective du football féminin professionnel établit, pour la première fois, un cadre juridique et social spécifique destiné à protéger les joueuses des deux principales divisions féminines en France.

Cette convention collective offre un ensemble complet de droits du travail couvrant les normes professionnelles, la santé, le bien-être et la gouvernance.

Parmi ses principales dispositions figurent :

• Au moins 11 footballeuses sous contrat dans chaque effectif professionnel.
• Des contrats à temps plein en Première Ligue et des contrats à temps partiel d'au moins 21 heures en Seconde Ligue.
• Sept nuits d’hébergement garanties pour les joueuses qui rejoignent un club.
• Un accès garanti à des installations d’entraînement adaptées, à une assistance médicale et à des conditions de travail adéquates.
• Six semaines de congés annuels payés.
• Un minimum de 90 jours de maintien de salaire en cas d’arrêt maladie, quelle que soit l’ancienneté.
• Seize semaines de congé maternité garanties sans délai de carence.
• Maintien du salaire pendant les arrêts liés à la grossesse.
• Des pauses rémunérées pour l’allaitement pendant la journée de travail.
• Un accès continu aux installations du club ainsi qu’aux soins médicaux et sportifs tout au long de la grossesse.
• Des comités de gestion paritaires chargés de superviser la mise en œuvre continue de l’accord.
• Un cadre reconnaissant et protégeant les droits à l’image collectifs des joueuses.

Dans l'ensemble, ces mesures contribuent à créer un environnement professionnel plus solide, tout en répondant à des enjeux qui, historiquement, ont été négligés dans le football féminin français, notamment en matière de protection de la maternité, de soins de santé et de sécurité au travail.

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Eugénie Le Sommer

« Cette convention est l’aboutissement de trois années de travail. C’est une immense fierté de la voir entrer aujourd’hui en vigueur », a déclaré la secrétaire générale de l'UNFP, Eugénie Le Sommer.

Le Sommer, la joueuse qui compte le plus de sélections et de buts dans l'histoire de l'équipe de France, évolue actuellement au Toluca, un club mexicain. L'attaquante a auparavant joué à l'Olympique lyonnais pendant 15 ans, de 2010 à 2025, où elle a marqué plus de 300 buts en championnat.

« Même à des milliers de kilomètres, je n’ai jamais cessé de suivre ce dossier, parce qu’il touche à quelque chose d’essentiel : la reconnaissance de notre métier », a déclaré l'attaquante.

« Pendant trop longtemps, les footballeuses ont évolué sans véritable cadre collectif pour protéger leurs droits. Désormais, toutes les joueuses de nos championnats bénéficieront d’un socle commun de garanties, quels que soient leur club ou leur parcours. »

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Les joueurs de l'US Orléans en action (Crédit : Imago)

Règles professionnelles de la Ligue 3

La nouvelle convention collective pour le football masculin instaure également des garanties minimales en matière de conditions de travail pour les joueurs évoluant dans la Ligue 3 réformée, qui remplace le Championnat National en tant que troisième division du pays.

Parmi ses principales dispositions figurent :

• Au moins 16 footballeurs professionnels à temps plein dans chaque club.
• Des salaires minimums garantis compris entre 2 000 et 2 800 euros, en fonction du parcours de chaque joueur.
• Sept nuits d’hébergement garanties à l’arrivée dans un club.
• Un minimum de 90 jours de maintien de salaire en cas d’arrêt maladie.
• Le maintien des droits à la retraite en fin de carrière pour les anciens joueurs professionnels de Ligue 1 et de Ligue 2.
• La reconnaissance des contrats de formation des jeunes et des parcours au sein des centres de formation.
• Des instances de gouvernance paritaires chargées de superviser la mise en œuvre de l’accord et ses évolutions futures.
• La protection et la valorisation collectives des droits à l’image des footballeurs.

Cet accord soutient également le développement des centres de formation des clubs de Ligue 3, contribuant ainsi à renforcer le système français de formation des joueurs, réputé pour son excellence, tout en offrant des parcours professionnels plus clairs aux jeunes footballeurs.

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David Terrier

Renforcer le football français grâce au dialogue social

Outre ces deux nouveaux accords, l'UNFP et FOOT UNIS se sont également accordés sur une série de modifications à apporter à la convention collective nationale de la Ligue 1 et de la Ligue 2.

À compter du 1er juillet 2026, les clubs pourront proposer un premier contrat professionnel d'une durée maximale de cinq ans aux joueurs âgés de plus de 18 ans, mesure qui s'accompagnera d'une augmentation des salaires minimums.

Dans l'ensemble, ces trois accords montrent que la négociation collective continue de façonner l'avenir du football professionnel en France, en adaptant les cadres de travail aux différentes compétitions tout en préservant les droits des joueurs.

« En privilégiant la concertation et la recherche d’intérêts communs, nous renforçons à la fois la protection des acteurs, la stabilité des compétitions et leur attractivité », a conclu Terrier.

« Je salue l’engagement de toutes les parties qui ont contribué à ces accords, une étape importante pour le développement et la crédibilité de nos compétitions. »