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Keyly Peralta et la SAFAP remportent une victoire sans précédent pour le football féminin au Pérou

- La footballeuse internationale péruvienne s'est adressée au syndicat des joueurs au sujet d'une créance salariale que le club Defensores del Ilucán avait envers elle
- La plainte conjointe déposée auprès de la Chambre de conciliation et de règlement des litiges (CCRD) de la Fédération péruvienne de football a abouti et Keyly a pu récupérer l'intégralité de sa créance
- Le cas de Peralta fait figure de pionnier pour le football féminin péruvien : « J’avais peur, mais cela me permet d’aider beaucoup de filles »
Le football féminin péruvien célèbre la victoire juridique de l'internationale Keyly Peralta, qui a réussi à récupérer l'intégralité de la somme que le club Defensores del Ilucán lui devait grâce au soutien juridique de l'Association des footballeuses professionnelles du Pérou (SAFAP).
La décision rendue en faveur de Peralta par la Chambre de conciliation et de règlement des litiges (CCRD) de la Fédération péruvienne de football (FPF) a non seulement marqué un tournant historique dans le pays en reconnaissant les droits du travail des footballeuses, mais elle a également a eu un effet d'entraînement : d'autres joueuses du pays ont engagé des procédures judiciaires pour recouvrer des créances similaires.
« Au début, j’avais un peu peur de porter plainte, car j’étais la première fille à le faire », confie Keyly à FIFPRO.org. « Je pensais que cela allait me causer des problèmes, car quand quelqu’un porte plainte de cette manière, les clubs voient cela d’un mauvais œil. Mais quand j’ai gagné le procès, j’étais heureuse, car je sais que cela n’a pas été sans mal. »
« Au final, on a fait un petit pas de plus pour pouvoir s'entraider entre sportives. Beaucoup de filles ont commencé à me contacter. Je me suis alors dit : “Si elles commencent à me contacter, c’est que je n’ai pas fait quelque chose de mal, mais au contraire quelque chose de bien pour aider les autres filles et leur permettre d’obtenir ce qu’elles méritent”. En quelque sorte, cela m’a soulagée et rassurée, car je sais que j’ai franchi une étape qui, malgré la peur, s’est avérée positive pour moi et pour mes autres coéquipières. »
Cette victoire juridique lui a également permis de se réjouir de ne pas avoir baissé les bras alors qu’elle pensait qu’il n’y avait plus rien à faire : « À vrai dire, je considérais cet argent comme perdu, car cela faisait déjà longtemps, mais je me suis adressée à la SAFAP. J’ai discuté avec Aldo Atarama – l’avocat du syndicat –, qui m’a expliqué tout ce qui pouvait se passer. Et j’ai décidé de tenter ma chance ».

L'évolution de l'affaire
Le 1er février 2024, Keyly a signé avec le club Defensores del Ilucán, de la Liga Femenina FPF, la première division du football féminin péruvien, un « accord sportif » pour cette saison. Bien que le club ne l’ait pas qualifié de contrat de travail, en application du principe de la primauté de la réalité, il s’agissait d’un véritable contrat de travail de footballeuse professionnelle.
Le club n'a pas versé les salaires correspondant à quatre mois et quelques jours. En février 2025, la footballeuse et le club ont signé un accord de paiement, mais le club n'a réglé que 12 % de la dette totale.
Le 23 septembre 2025, la SAFAP a déposé une plainte auprès de la CCRD de la FPF au nom de la footballeuse. En janvier 2026, la plainte a été déclarée recevable et, un mois plus tard, la CCRD a statué que le club devait verser, dans un délai de cinq jours ouvrables, l'intégralité des salaires, majorés des intérêts et des frais de procédure. En cas de non-respect de cette décision, il s'exposait à des sanctions, y compris sur le plan sportif.
Finalement, Defensores del Ilucán a effectué le paiement intégral dans les délais impartis.

L'importance de conserver les documents et nos remerciements à la SAFAP
Pour que le processus soit couronné de succès, Keyly a respecté une règle essentielle que les footballeurs et footballeuses ne jugent pas toujours pertinente au moment de signer un contrat ou un accord : conserver leur copie des documents signés.
« Lorsque j’ai discuté avec la SAFAP, on m’a demandé de leur fournir un document justifiant ma réclamation. Sans cela, ils ne pouvaient pas donner suite. Une fois en possession de ce document, j’ai eu confiance [dans le fait que l’affaire pourrait être résolue avec succès]. Il est important de toujours disposer d’un accord signé par les deux parties pour pouvoir bénéficier d’une aide », souligne Peralta, qui fait également partie de l’équipe nationale péruvienne de futsal.
Keyly apprécie tout particulièrement le dialogue permanent qu'elle entretient avec le service juridique de la SAFAP depuis son premier contact avec celui-ci : « Je suis très satisfaite du soutien et des conseils qu'ils m'ont apportés. »
« Aujourd’hui, certaines sportives vivent du football. C’est leur métier. Alors, vivre toute une année en comptant sur ce salaire, pour finalement se retrouver dans l’impossibilité d’être payée et sans savoir comment elles seront dédommagées pour toute cette année perdue, c’est compliqué. »
« Ce qui vient de se passer dans mon cas est d’un grand secours pour le football féminin, c’est une avancée qui a été réalisée. Je pense que désormais, les clubs vont prendre très au sérieux la question de la professionnalisation des contrats et veiller à ce que le principe " un mois joué, un mois payé " soit respecté. Nous méritons que nos droits soient respectés. »

