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Ce que l’accord entre la FIFPRO et la FIFA signifie pour les footballeurs et les footballeuses

La FIFPRO annonce aujourd’hui deux accords historiques qui, ensemble, marquent un tournant dans la manière dont le football professionnel est gouverné à l’échelle mondiale : une réforme en profondeur du système international des transferts ainsi qu’un nouveau cadre de coopération (protocole d’accord) avec la FIFA, valable jusqu’en 2031.
Ces accords sont le fruit de longues négociations engagées à la suite de l’arrêt Diarra rendu par la Cour de justice de l’Union européenne en octobre 2024, une affaire emblématique soutenue par la FIFPRO, la FIFPRO Europe et l’UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels). Ils s’inscrivent dans le prolongement de plusieurs années de travail et de plaidoyer menés par les footballeurs et leurs syndicats en faveur d’une gouvernance du football plus juste, plus équilibrée et plus inclusive.
Une nouvelle ère de dialogue social dans la gouvernance mondiale du football
Au cœur de l’accord conclu avec la FIFA figure une nouvelle Plateforme mondiale de dialogue social, par le biais de laquelle les futures modifications du Règlement du statut et du transfert des joueurs (RSTJ) de la FIFA seront négociées collectivement. Inspirée de près de deux décennies de dialogue social dans le football européen, cette plateforme réunira la FIFA et les partenaires sociaux reconnus du football, la FIFPRO représentant les footballeurs et les footballeuses du monde entier.
Cela signifie que les futures évolutions du système des transferts reposeront sur le consensus plutôt que sur des décisions unilatérales. Il s’agit de l’une des avancées les plus significatives jamais réalisées en matière de représentation des footballeurs dans le football mondial. Les footballeurs et les footballeuses ne seront plus simplement soumis aux règles qui régissent leur carrière : ils contribueront désormais activement à leur élaboration.

De nouveaux droits et mécanismes de protection au sein du système des transferts
Élaborées à l’issue de discussions ayant réuni la FIFA, la FIFPRO, l’European Football Clubs (EFC), la World Leagues Association (WLA), l’UEFA et la CONMEBOL, ces réformes instaurent de nouveaux droits et mécanismes de protection majeurs pour les footballeurs et les footballeuses, tout en préservant les piliers fondamentaux du système des transferts.
Pour la première fois, les footballeurs et les footballeuses bénéficieront d’une part reconnue de la valeur économique générée par leur propre transfert. Les joueurs et joueuses dont les revenus sont inférieurs ou égaux à 150 000 euros par saison se verront garantir une participation directe au montant généré par leur transfert, grâce à un paiement minimum obligatoire de 5 % versé directement par le club vendeur. Le principe est simple : lorsque le talent d’un joueur ou d’une joueuse génère de la valeur, celui-ci ou celle-ci doit pouvoir en bénéficier.
Les footballeurs et les footballeuses bénéficieront également de modifications attendues de longue date de l’article 17 du RSTJ, disposition qui se trouvait au cœur de l’affaire Diarra. Ils ne pourront plus voir leur indemnisation réduite au seul motif qu’ils ont retrouvé un club après avoir subi un traitement injuste. Lorsque les clubs manqueront à leurs obligations, les footballeurs et les footballeuses auront droit à l’intégralité de la rémunération contractuelle due et pourront, en outre, bénéficier de sanctions supplémentaires ainsi que de dommages et intérêts en cas de comportements abusifs.
Ils bénéficieront également d’une meilleure protection contre les pratiques abusives. Des comportements tels que reléguer des footballeurs, les contraindre à s’entraîner à l’écart comme moyen de pression, retenir leurs passeports ou détourner les procédures d’enregistrement seront expressément interdits. Ces pratiques ont affecté trop de footballeurs et de footballeuses pendant trop longtemps et n’ont plus leur place dans le football moderne.
Les footballeurs et les footballeuses disposeront également de mécanismes renforcés afin de garantir l’exécution effective de leurs droits. Les clubs qui manqueront à leurs obligations contractuelles s’exposeront à des sanctions sportives et financières plus rapides et plus efficaces, tandis que les dettes impayées porteront intérêt à hauteur de 8 %. Lorsque les clubs ne paieront pas les salaires et que les instances nationales du football resteront inactives, les footballeurs et les footballeuses disposeront d’une voie plus directe pour saisir la FIFA, contribuant ainsi à garantir l’exécution effective des décisions contraignantes, quel que soit le pays dans lequel ils exercent leur activité professionnelle.
Les réformes apportent également une plus grande sécurité juridique tant aux footballeurs et aux footballeuses qu’aux clubs. L’inclusion de clauses pénales et de mécanismes de sortie convenus dès la signature du contrat sera encouragée, à condition que leur montant demeure raisonnable et proportionné, afin de garantir que la grande majorité des footballeurs et des footballeuses dans le monde bénéficient, au minimum, de la protection de la rémunération convenue. De même, des éléments essentiels du système des transferts, tels que la période protégée et les mécanismes de responsabilité solidaire, seront perfectionnés afin de renforcer la proportionnalité et la sécurité juridique.
Les jeunes footballeurs et footballeuses bénéficieront également de ces mesures. Les joueurs formés au sein d’un club pourront signer un premier contrat professionnel d’une durée de cinq ans, leur offrant davantage de stabilité et d’opportunités de développement, ainsi que des garanties destinées à protéger leurs intérêts sportifs, éducatifs et économiques.
Dans le même temps, les réformes préservent les fondements essentiels du système des transferts, en instaurant un meilleur équilibre entre les droits des footballeurs et des footballeuses, la stabilité contractuelle et les intérêts à long terme du football.
Ces réformes s’appuient également sur des principes élaborés dans le cadre du Comité de dialogue social sectoriel européen pour le football professionnel. En particulier, la résolution conjointe adoptée en novembre 2025 par la FIFPRO Europe, l’UEFA, l’EFC et les ligues européennes a contribué à ouvrir la voie à un consensus global désormais reflété dans le nouveau système des transferts.

Protéger le bien-être des footballeurs et des footballeuses et contribuer à définir l’avenir du calendrier international
Le bien-être, la charge de travail et la récupération des footballeurs et des footballeuses figurent depuis des années parmi les principales préoccupations de la FIFPRO.
En vertu de l’accord conclu avec la FIFA, les footballeurs et leurs syndicats contribueront à définir les futures normes relatives aux périodes de repos, aux pauses intersaisons, aux fenêtres de récupération et au délai minimum entre les matchs. Ces normes serviront de base aux futures décisions relatives tant à la charge de travail et au bien-être des footballeurs et des footballeuses qu’aux calendriers internationaux après 2030.
Pour la première fois, celles et ceux qui supportent le coût physique du calendrier auront voix au chapitre dans la définition des normes qui le régissent. Les futures discussions sur le calendrier international devront tenir compte de ces normes.

Une voix plus forte pour les footballeurs et les footballeuses dans la prise de décision de la FIFA
Parallèlement aux réformes du système des transferts, la FIFPRO et la FIFA ont signé un protocole d’accord historique valable jusqu’en 2031.
Cet accord renforce le rôle des footballeurs et des footballeuses au sein des structures de gouvernance de la FIFA. La FIFPRO disposera d’un siège d’observateur avec droit de parole au Conseil de la FIFA, tandis que des experts désignés par la FIFPRO intégreront les instances judiciaires et les commissions permanentes de la FIFA, tout en continuant à jouer un rôle central au sein du Tribunal du football de la FIFA.
Ainsi, les footballeurs et les footballeuses bénéficieront d’une présence plus permanente et plus visible dans tous les espaces où se discutent les décisions cruciales pour l’avenir du football. De la gouvernance à la réglementation, en passant par le règlement des litiges, la voix des footballeurs et des footballeuses sera entendue de manière plus systématique aux plus hauts niveaux du football mondial.
Les footballeuses méritent mieux. Et elles l’auront.
Le football féminin connaît une croissance fulgurante, et les footballeuses doivent prendre pleinement part à ce succès.
La FIFA et la FIFPRO élaboreront des normes minimales mondiales pour les équipes nationales féminines et favoriseront des solutions adaptées à chaque continent, en s’inspirant du modèle déjà mis en place en Europe. Elles étendront également les mécanismes permettant aux footballeuses de bénéficier directement du succès des grandes compétitions internationales, à l’image des mesures adoptées lors de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023 et de l’UEFA Women’s EURO 2025.

Soutien aux footballeurs et footballeuses et aux syndicats du monde entier
Le Fonds de la FIFA pour les footballeurs professionnels sera relancé avec un budget spécifique de 20 millions de dollars jusqu’en 2029, la FIFPRO participant à son comité directeur. Le Fonds constitue un filet de sécurité essentiel lorsque des clubs insolvables ou en faillite manquent à leurs obligations financières, en particulier dans les régions où les violations contractuelles demeurent fréquentes. Dans sa version précédente, le Fonds a apporté un soutien financier direct à plus d’un millier de footballeurs et de footballeuses à travers le monde.
Au-delà de la sphère mondiale, la FIFA et la FIFPRO travailleront conjointement au renforcement du dialogue social au niveau national en encourageant les conventions collectives, les contrats types pour les footballeurs, les chambres nationales de règlement des litiges et les systèmes nationaux de transfert modernisés. Cette collaboration contribuera également à relever certains des défis professionnels les plus urgents auxquels sont confrontés les footballeurs et les footballeuses dans différentes régions du monde.
L’objectif est simple : des syndicats plus forts, une meilleure protection pour les footballeurs et les footballeuses, ainsi qu’une voix plus forte pour celles et ceux qui pratiquent ce sport à tous les niveaux. Ce qui a été accompli au niveau mondial peut désormais servir de catalyseur afin de progresser également au niveau national.
Enfin, la FIFPRO réaffirme son soutien historique au football des équipes nationales et à l’obligation de mise à disposition des footballeurs. Représenter son pays constitue l’un des plus grands honneurs auxquels un footballeur puisse aspirer. Les footballeurs doivent toujours avoir la liberté de répondre à cet appel, et le football des équipes nationales doit continuer à occuper une place centrale dans le football mondial.

Dans leur propres mots...
Sergio Marchi, président de FIFPRO Global, a déclaré : « Les réformes historiques adoptées aujourd’hui renforcent les droits des footballeurs et des footballeuses au sein du système des transferts, améliorent leurs conditions de travail et garantissent que celles et ceux qui rendent le football possible disposent d’une voix plus forte dans la construction de leur avenir. Je remercie le président de la FIFA, Gianni Infantino, ainsi que l’administration de la FIFA pour leur engagement en faveur d’un dialogue tourné vers l’avenir. Aujourd’hui, nous tournons la page de plusieurs années de confrontation et ouvrons un nouveau chapitre fondé sur la coopération, la responsabilité et une ambition partagée pour l’avenir du football professionnel. »
Gianni Infantino, président de la FIFA, a déclaré : « Ce protocole d’accord marque une nouvelle ère dans les relations entre la FIFA et la FIFPRO. Les footballeurs et les footballeuses façonnent le jeu que nous aimons tous, et nous devons garantir leur protection et leur bien-être. C’est pourquoi nous avons tracé ensemble une voie durable afin que les décisions qui les concernent directement reposent sur un processus collectif fondé sur le dialogue social. Voilà ce qu’est une gouvernance moderne, et nous sommes fiers de montrer l’exemple. »
David Terrier, président de FIFPRO Europe et négociateur en chef de la FIFPRO, a déclaré : « Aujourd’hui marque un tournant pour les footballeurs et les footballeuses ainsi que pour la gouvernance mondiale du football. Je tiens à remercier le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, pour son soutien constant tout au long de ce processus. L’UEFA a véritablement contribué à créer les conditions nécessaires pour permettre à toutes les parties de trouver un terrain d’entente et d’avancer vers des solutions durables. Je tiens également à saluer l’engagement dont ont fait preuve la FIFA, l’European Football Clubs et la World Leagues Association. Parvenir à un accord sur des questions d’une telle ampleur n’avait rien d’évident. C’est notre effort collectif qui a rendu ce résultat possible. »

Mattias Grafström, secrétaire général de la FIFA, a déclaré : « Nous sommes fiers d’annoncer ce protocole d’accord avec la FIFPRO à la veille de la Coupe du Monde de la FIFA 2026. Nous nous sommes fixé des objectifs ambitieux et sommes pleinement engagés dans la mise en œuvre conjointe de cet accord avec nos partenaires de la FIFPRO. Ce nouveau partenariat démontre ce qu’il est possible d’accomplir lorsqu’existe une volonté commune de parvenir à des solutions mutuellement acceptables. La création d’une plateforme mondiale de dialogue social constitue notamment une avancée majeure, et nous espérons la mettre en place avec la FIFPRO et les autres partenaires sociaux dans les plus brefs délais. »
Au vu des progrès réalisés, la FIFPRO retirera les actions en justice actuellement en cours contre la FIFA et appelle ses syndicats membres à se désolidariser du recours collectif actuellement mené par la fondation néerlandaise Justice for Players.
À tous les footballeurs qui lisent ces lignes
Que tu joues en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie ou en Amérique, ces réformes sont faites pour toi. Elles reflètent une conviction simple : chaque footballeur, quel que soit son niveau, doit être respecté, protégé et écouté. Le football est peut-être mondial, mais les droits des footballeurs et des footballeuses ne devraient jamais dépendre de l’endroit où ils jouent. C’est ce que la FIFPRO et ses syndicats membres défendent chaque jour.
Si tu as des questions sur tes droits, ton contrat ou sur ce que ces changements signifient pour toi, ton syndicat national de footballeurs est là pour t’aider. Trouve le tien ici. Tu peux également contacter directement la FIFPRO ici.
Partout où l’on joue au football, les footballeurs et les footballeuses ne devraient jamais être seuls.

