Crystal Dunn, championne du monde de la FIFA, est intervenue lors du panel des joueuses organisé à l’occasion du lancement du projet ACL de la NWSL, au siège de Nike à New York City. La défenseuse américaine et membre du Conseil mondial des joueurs de la FIFPRO, qui a pris sa retraite en janvier 2026, a évoqué l’importance de ce projet, ainsi que la nécessité de veiller à ce que la voix des joueuses soit entendue dans les processus décisionnels du football.

Crystal, quelle importance revêt le fait que le projet ACL soit désormais étendu aux États-Unis et à la NWSL ?

Une initiative comme le projet ACL est extrêmement importante, car elle joue un rôle direct dans la poursuite du développement du football féminin.

Les recherches menées dans le cadre de ce projet portent sur un sujet très sérieux et essentiel : la réduction des blessures au ligament croisé antérieur (LCA). Historiquement, ces blessures ont eu un impact considérable sur la carrière des footballeuses. Pourtant, la réalité est qu’un grand nombre d’entre elles peuvent être évitées grâce à la recherche, aux données et à une attention adaptée. Le travail actuellement mené est vraiment prometteur, et je pense sincèrement qu’il mérite bien plus d’attention qu’il n’en a reçu par le passé.

La FIFPRO accomplit un travail remarquable en collaborant directement avec les joueuses, en échangeant avec elles, en écoutant leurs points de vue et en recueillant des témoignages de première main sur ce que signifie évoluer au niveau professionnel dans différents marchés et environnements. Entendre ces expériences directement de la bouche des joueuses a une valeur inestimable.

Un sujet d’une telle importance exige une attention constante et une visibilité durable. Organiser des événements comme celui-ci aux États-Unis et étendre cette présence à la NWSL est essentiel. Nous sommes toutes et tous concernés, et le progrès ne peut se faire qu’à travers un engagement collectif.

Dans quelle mesure est-il important que la recherche et les solutions envisagées soient centrées sur les footballeuses, et que leur voix soit présente tout au long de ce processus ?

Je me suis sentie profondément épanouie en tant que membre du Conseil mondial des joueurs de la FIFPRO. Le travail accompli par la FIFPRO est vraiment remarquable, et faire partie de ce processus a énormément compté pour moi.

Il est essentiel de continuer à recueillir l’avis des footballeuses, car leur voix compte réellement. Ce sont elles qui vivent ces réalités au quotidien. Ce sont elles qui subissent directement ces blessures. Ce sont elles aussi qui doivent relever le défi physique, mental et émotionnel que représente un retour à la compétition après une blessure.

Trop souvent, les joueuses ne se sentent pas autant soutenues qu’elles pourraient l’être au cours de ce processus, notamment lorsqu’il s’agit de revenir à un niveau leur permettant d’exprimer pleinement leur potentiel. Ces expériences vécues sont essentielles.

La voix des joueuses est la plus importante dans cette discussion. Si nous ne les écoutons pas, si nous ne plaçons pas leurs expériences et leurs besoins au centre de notre réflexion, nous nous privons de la possibilité de réellement faire progresser le football. Le progrès ne peut se faire sans celles qui sont les premières concernées. C’est pourquoi il est absolument essentiel d’écouter les joueuses.

La voix des joueuses est la plus importante dans cette discussion. Si nous ne les écoutons pas, si nous ne plaçons pas leurs expériences et leurs besoins au centre de notre réflexion, nous nous privons de la possibilité de réellement faire progresser le football.

Vous vous êtes fortement impliquée dans la représentation des joueuses à travers la FIFPRO, l’USWNTPA et la NWSLPA. Quel conseil donneriez-vous aux joueuses qui ne savent pas vraiment comment s’impliquer dans ce type d’instances ?

Faire partie du Conseil mondial des joueurs de la FIFPRO a été une expérience extrêmement enrichissante pour moi.

Il ne s’agit pas seulement de faire entendre sa voix, même si cela est évidemment important. Il s’agit aussi d’apprendre des expériences d’autres joueuses et joueurs, et de prendre conscience de défis, de perspectives et de réalités auxquels on n’aurait peut-être jamais été confronté autrement.

L’un des aspects les plus marquants de cette expérience a été les liens que j’ai pu tisser avec d’autres footballeuses et footballeurs. Ces relations ont été extrêmement enrichissantes et précieuses, en grande partie parce que beaucoup d’entre nous n’avaient jamais eu l’occasion de les construire auparavant. Souvent, ces liens ne se créent que lorsque les joueurs et joueuses se réunissent et parlent ouvertement de leurs expériences communes.

Je crois sincèrement que ce type d’engagement peut être extrêmement gratifiant pour toute personne souhaitant s’impliquer, faire entendre sa voix et contribuer au développement du football. Personnellement, cela m’a apporté beaucoup de satisfaction et un véritable sentiment de mission. Je ne me vois pas seulement comme une joueuse sur le terrain, mais aussi comme quelqu’un capable de contribuer en dehors du terrain, quelqu’un qui peut aider à faire progresser ce sport de manière concrète et significative.

Crystal Dunn

Crystal Dunn Merritt Matthias ACL Project
Project ACL 2026 Event 5
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