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Samuel Sarfo : le policier devenu joueur de son équipe nationale

Transition de Carrière L'histoire du joueur
7 juin 2022
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  • L'international ghanéen Samuel Sarfo a été en contact pour la première fois avec les Black Stars en tant que policier chargé de protéger l'équipe
  • Pendant sept ans, il a combiné le football à son métier de policier
  • Il a démissionné de la police pour se concentrer sur sa carrière de footballeur

« En 2016, j'étais policier au commissariat de Nima, au même endroit où les Black Stars [l'équipe nationale du Ghana] avaient leur camp d'entraînement. J'étais en fait missionné pour être un de leurs gardes. Je devais les escorter de l'hôtel au stade et les protéger dans un hôtel. J'ai donc eu la chance de rencontrer certains d'entre eux. J'ai même pris quelques photos avec l'un des joueurs.

À l'époque, je jouais pour les Liberty Professionals et l'un de nos dirigeants, George Afriyie, était également vice-président de la Fédération ghanéenne de football. Il m'a présenté au président de la fédération de football, Kwesi Nyantakyi, et ils m'ont parlé de l'équipe nationale. Ils m'ont alors dit qu'ils appréciaient mon travail en tant que policier mais qu'ils suivraient également mon parcours en tant que footballeur. Un an plus tard, j'étais appelé dans l'équipe des Black Stars, et je les ai rejoints pour une tournée aux États-Unis, où nous avons joué contre les États-Unis et le Mexique.

J'ai intégré les forces de police en 2009, à l'âge de 19 ans. J'ai terminé l'école à 18 ans et j'attendais d'entrer à l'université lorsque j'ai reçu une proposition pour entrer dans la police. J'ai été enrôlé dans les services de police du Ghana en tant que footballeur. Je jouais dans l'équipe de la police et on organisait des tournois contre des équipes d'autres services de sécurité, comme le département des prisons. Combiner les deux, le football et le métier de policier, n'était pas facile.

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Mais il y a une chose que mon père m'a apprise, c'est la discipline. Lui aussi était policier, mais je ne suis pas entré dans les forces de l'ordre à cause de lui. Je ne viens pas d'une famille riche, mais nous sommes riches de discipline. Et c'est ce que mon père m'a donné. J'apprécie beaucoup cela. En grandissant, je ne pense pas que j'aurais réussi à jouer au football et à être policier si je n'avais pas eu cette discipline. Elle m'a permis d'entamer mon parcours pour devenir un professionnel à part entière.

L'objectif de tous les policiers est de protéger les vies et les biens, et j'ai aimé pouvoir le faire, surtout pour ma communauté et mon pays. Heureusement, je n'ai jamais eu à enquêter sur un footballeur pour une grosse affaire. Il y avait quelques infractions mineures au code de la route, mais rien de bien grave.

En jouant pour les Liberty Professionals, j'ai marqué pas mal de buts, alors même que j'étais défenseur. J'ai aussi été nommé capitaine. En 2017, la même année où j'ai joué pour les Black Stars, j'ai eu un certain nombre d'offres de clubs du monde entier. J'ai décidé de rejoindre le club iranien Saipa FC, qui était entraîné par la légende Ali Daei. Après un an et demi avec Saipa, le club saoudien Al Khaleej m'a fait une offre que j'ai acceptée. Depuis, j'ai joué plus de 100 matchs pour ce club, et nous venons d'être promus en première division.

Je pense que ce parcours n'aurait pas été possible sans le soutien de toutes ces personnes au sein des forces de police. J'ai connu bien des moments difficiles, mais j'ai toujours eu le soutien de l'inspecteur général de la police, de l'administration, de certains agents sportifs de la police et de bien d'autres personnes. Sans eux, je ne pense pas que j'aurais été capable de performer suffisamment bien pour que le monde me remarque et m'offre la possibilité de jouer à l'étranger. C'est en fait le service de police qui a rendu tout ça possible. Ils passeront donc toujours en premier pour moi.

En ce moment, je suis mis à disposition par la police. Je me concentre sur le football, mais je pourrais redevenir policier quand j'aurai fini de jouer. Il est important de se préparer à la vie après le football. Tous les athlètes doivent se préparer à la vie après le sport, car rien ne dure éternellement. Un jour, la célébrité disparaît. On ne va plus à l'entraînement, on n'est plus dans les onze de départ. La vie n'est donc plus la même. Il faut donc planifier son avenir.

L'association des joueurs y contribue. J'ai été soutenu à deux reprises par la Professional Footballers Association Of Ghana (PFAG). En 2017, je me suis blessé. Je ne savais pas ce que c'était. Je m'entraînais, et j'ai soudain ressenti une douleur terrible. J'ai reçu le soutien de la PFAG, qui m'a emmené voir un spécialiste allemand. J'ai été soigné là-bas et j'ai réussi à revenir. Je leur ai également demandé de m'accompagner pour prendre des décisions concernant mon avenir, et ils m'ont également aidé dans ce domaine. Ils ont donc été pour moi un roc solide qui m'a permis de devenir le joueur que je suis aujourd'hui ».