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Comment une commotion cérébrale a changé la vie d'Erin

Une footballeuse australienne recommande à l'International Football Association Board (IFAB) d'introduire un remplaçant temporaire afin de donner au personnel médical une fenêtre de 10 minutes pour vérifier si un joueur souffre d'une commotion cérébrale.

« Ça aurait certainement changé ma vie », raconte Erin Clout, qui souffre encore de vertiges, de maux de tête et d'une forte fatigue à la suite d'une commotion cérébrale subie lors d'un match de football en août dernier.

Sur le terrain, personne n'a vérifié si Erin présentait des symptômes de commotion cérébrale alors qu'elle avait été assommée par une balle à bout portant à la 40e minute. Elle a joué le reste du match, une grave menace pour sa santé à long terme.

« Il est vital de prévoir suffisamment de temps dans un vestiaire pour que le personnel médical puisse faire un examen approfondi d'un joueur et vérifier s'il souffre d’une commotion cérébrale, et pour que les joueurs puissent réellement exprimer leurs sentiments », déclare Erin. « Il est vraiment difficile de faire une telle demande quand vous êtes sur le terrain, entourée de gens qui vous disent de continuer. »

Une commotion cérébrale, c'est du sérieux, insiste Erin. « Ça va plus loin que le football. Il s'agit de votre vie, de pouvoir profiter de vos relations avec votre famille et vos amis, de pouvoir travailler ou de faire du sport. »

Erin Clout, arrière latéral du club de deuxième division Southern United, a arrêté le football. « J'ai besoin de me protéger. C'était ma cinquième commotion cérébrale. Ce n'était pas le choc le plus terrible, mais je ne m'en suis toujours pas remise au bout de six mois. Encore un choc, et dans quel état serais-je ? »

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Elle ne se souvient pas de l'incident. « J'ai bien vu la vidéo. J'étais surprise et étourdie, mais je n'ai pas perdu connaissance ».

« Lorsque je suis arrivée chez moi ce jour-là, je n'étais plus la même. Je n'arrêtais plus de rire, j'étais hystérique. »

Le lendemain, elle a eu des maux de tête, et s'est sentie désorientée. Elle pensait que ça passerait, tout simplement. Mais non. À la fin de la semaine, elle a commencé à s'endormir au travail, et ses collègues ont remarqué qu'elle avait du mal avec les tâches les plus simples. Elle s'est rendue à l'hôpital, où ils se sont contentés de vérifier si elle avait souffert d'une attaque. Non plus.

« J'aurais dû consulter un spécialiste, car je savais bien qu’une commotion cérébrale pouvait être dangereuse, mais je ne l'ai pas fait. Ce qui montre bien à quel point ma capacité à prendre des décisions était affectée par ma commotion cérébrale, », raconte Erin.

Ce n'est qu'au bout de trois semaines qu'elle a consulté un spécialiste qui a pu diagnostiquer chez Erin un syndrome post commotion cérébrale.

Sa vie n'est plus la même, depuis l'incident. Elle a cessé de participer à des événements réunissant trop de monde ou trop bruyants, comme les fêtes d'anniversaire, les concerts et les matchs de football. Elle a également bénéficié d'une aide psychologique.

Erin Clout a repris son travail chez Professional Footballers Australia, où elle est responsable des relations avec les joueurs. Mais elle est prudente avec sa charge de travail et prend parfois une pause pour s'allonger et se reposer.

« Je ne suis plus la fille hyper dynamique que j'étais », raconte-t-elle.

« J'ai demandé aux médecins quand je serais à nouveau en forme, mais il n'y en a pas un seul qui m'a répondu… »