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Pourquoi le cadre sur la maternité est si important pour les footballeuses

1 juillet 2021
Alexandra Gómez Bruinewoud, conseillère juridique principale de la FIFPRO, explique pourquoi le 1er juillet est une date si importante pour les footballeuses professionnelles et le cadre de la FIFA sur la maternité, officiellement introduit le 1er janvier de cette année.

Gómez Bruinewoud a entamé les discussions avec la FIFA et d'autres parties prenantes, et s'est battue pour optimiser ce cadre de protection afin de permettre aux femmes de combiner leur rôle de parent avec leur carrière de footballeuse. Elle explique les conséquences de ces nouvelles règles dans les questions-réponses ci-dessous.

Pouvez-vous nous rappeler pourquoi ces règles sont si importantes pour les footballeuses professionnelles ?

Ce cadre accorde cinq droits principaux aux footballeuses professionnelles :

  • le droit à une grossesse sans soucis financiers
  • le droit de continuer à jouer (si elle est en bonne santé) et le droit de décider de ne pas continuer à jouer (même si elle est en bonne santé) ;
  • le droit à un congé maternité payé ;
  • le droit de reprendre immédiatement le jeu à la fin du congé maternité (et si la joueuse est en bonne santé) ; et
  • le droit d'allaiter leur bébé pendant les heures de travail dans des installations adaptées.
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La joueuse de l'équipe nationale américaine Jessica McDonald

Avec ce cadre, nous faisons un premier grand pas pour permettre aux joueuses de devenir mères sans perdre la possibilité d'exercer la profession qu'elles aiment. Une fois que ce cadre sera appliqué et intégré au niveau national, et que d'autres améliorations du football féminin verront le jour, nous espérons voir le football féminin s'épanouir. Ce cadre empêche les joueuses de quitter leur activité prématurément pour devenir mère. Je pense que de plus en plus de joueuses maintiendront leur activité pour atteindre leur apogée dans un environnement plus stable.

Pourquoi la FIFPRO s'est-elle autant battue pour contribuer à la création de ce cadre ?

Tout d'abord, il s'agit des droits de l'homme. Les joueuses sont des personnes et des travailleurs, et en tant que telles, elles doivent bénéficier de droits reconnus au niveau international, tels que le droit au travail et le droit de fonder une famille.

Lorsque la FIFPRO a créé son rapport mondial sur l'emploi des femmes en 2017, il est apparu très clairement quelles étaient les deux principales raisons pour lesquelles les joueuses abandonnaient prématurément leur carrière de footballeuses : la volonté de fonder une famille et la nécessité de trouver un emploi qui leur assure un salaire décent, car les salaires dans le football féminin étaient (et sont toujours) généralement très bas. Le cadre relatif à la maternité s'est attaqué à l'une de ces raisons. À la FIFPRO, nous travaillons d'arrache-pied pour faire en sorte que la seconde ne soit plus un obstacle.

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Nilla Fischer, joueuse du Linköpings FC (également ancienne joueuse de l'équipe nationale suédoise)

Pourquoi la date du 1er juillet est-elle si importante ?

Ce cadre est entré en vigueur le 1er janvier 2021. La FIFA a déclaré qu'il devait être mis en œuvre au niveau national dans un délai de six mois, à moins que la législation nationale ou la CRL ne prévoit des conditions plus favorables. Ainsi, d'ici le 1er juillet 2021, ce cadre devra être mis en œuvre dans l'ensemble de ses 211 associations nationales membres.

Que doivent faire les syndicats de joueurs si ce cadre n'a pas encore été mis en œuvre dans leur pays ?

 Ils doivent le signaler à la FIFPRO. Nous informerons la FIFA et chercherons la meilleure façon de les mettre en œuvre dès que possible. Quoi qu'il en soit, une chose très importante qui doit être claire est qu'une joueuse ne peut pas subir la négligence d'une fédération. Ces droits ont déjà été reconnus dans le Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs (RSTP) de la FIFA et leur application est obligatoire, les joueurs sont donc déjà couverts. Même s'ils ne sont pas mis en œuvre, cela ne peut servir d'excuse pour priver une joueuse de ses droits.

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Sydney Leroux, joueuse de l'Orlando Pride

Si une joueuse est enceinte et que son club refuse de coopérer, que peut-elle faire ?

Je lui conseille de nous contacter (ou de contacter son syndicat de joueurs) afin que nous puissions l'orienter correctement. Si une négociation n'aboutit pas au résultat escompté, elle peut alors soumettre une réclamation. Si elle est une joueuse internationale, elle peut déposer une plainte pour rupture de contrat sans motif valable auprès de la Chambre de résolution des litiges de la FIFA. S'il s'agit d'une joueuse nationale, elle peut s'adresser à une Chambre nationale de résolution des litiges ou à un tribunal national, mais dans cette situation, il est très important que le cadre soit mis en œuvre au niveau national, car la CNRL ou le tribunal national appliqueront probablement leurs propres règlements et non le RSTP de la FIFA.

 

Pour une compréhension plus approfondie du parcours vers la création du cadre sur la maternité et de ses implications par Alexandra Gómez Bruinewoud, veuillez cliquer ici.