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Les syndicats distribuent de la nourriture aux joueurs dans le besoin

26 mai 2020
Les syndicats de joueurs de sept pays d'Amérique latine et d'Afrique distribuent des colis alimentaires aux footballeurs professionnels qui n'ont pas reçu leur salaire ou ont subi d'importantes diminutions de leur rémunération suite à la suspension des ligues pour arrêter la propagation de la pandémie de Covid-19.

Le syndicat des joueurs colombien ACOLFUTPRO a envoyé des colis alimentaires à 101 joueuses privées de salaire et de sécurité sociale après la suspension de leur ligue. Son homologue du Panama, l'AFUTPA, distribue 580 colis alimentaires aux joueurs et joueuses, tandis que le FAP, le syndicat du Paraguay, rend visite aux joueurs des clubs de deuxième division pour leur remettre des paniers de nourriture.

Les syndicats des joueurs de l'Égypte (EPFA), du Honduras (AFHO) et de l'Uruguay (MUFP) aident les footballeurs professionnels en leur envoyant des colis alimentaires tandis que le syndicat des footballeurs boliviens FABOL prévoit d'envoyer de la nourriture aux joueurs cette semaine. L'Association des footballeurs ivoiriens (AFI) a distribué des bons de nourriture et de marchandises aux joueurs des 38 clubs professionnels. Le syndicat chilien SIFUP a choisi de soutenir financièrement les joueurs, car les mesures de santé et de sécurité les empêchaient de distribuer des colis alimentaires.

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Colis alimentaires au bureau du syndicat des joueurs du Panama AFUTPA

Au moins trois autres associations de joueurs soutiennent financièrement leurs membres qui luttent pour subvenir aux besoins de leur famille. Par exemple les syndicats de joueurs en Égypte (EPFA), au Gabon (ANFPG) et en Hongrie (HLSZ) ont mis sur pied des fonds de soutien aux footballeurs. Et depuis plus d'un mois, le syndicat gabonais héberge deux joueurs étrangers abandonnés par leur club.

« Les difficultés rencontrées par les footballeurs et footballeuses professionnels, et les travailleurs d'autres secteurs touchés par le coronavirus, en particulier en dehors de l'Europe occidentale, sont extrêmement préoccupantes, mais ne sont guère rapportées au niveau international », a déclaré Jonas Baer-Hoffmann, secrétaire général de la FIFPRO.

« Nous sommes très fiers du travail que nos syndicats nationaux de joueurs affiliés accomplissent pour soutenir leurs membres dans ces circonstances exceptionnelles.

« Il n'en reste pas moins que cette crise souligne la fragilité des salaires et des conditions de travail en dehors des ligues européennes du football professionnel d'élite, et le mauvais traitement que certains clubs réservent à leurs employés dès que l'argent vient à manquer. Les acteurs du football doivent de toute urgence renforcer les procédures judiciaires et faire appliquer les contrats et les règles de gouvernance au niveau national afin de protéger les employés et leurs familles. Le football se doit à présent de protéger ses membres ! »

“Cette crise souligne la fragilité des salaires et des conditions de travail en dehors des ligues du football professionnel d'élite”

— de Jonas Baer-Hoffmann, secrétaire général de la FIFPRO

Selon le Rapport mondial 2016 sur l'emploi de la FIFPRO, 45 % des footballeurs professionnels percevaient un salaire mensuel de 1 000 dollars ou moins, et 41 % d'entre eux avaient été payés en retard à un moment ou à un autre au cours des deux années antérieures. La durée moyenne des contrats était inférieure à deux ans. Le Rapport mondial 2017 sur l'emploi des femmes de la FIFPRO a révélé que 60 % des joueuses gagnaient moins de 600 dollars.

Une récente étude menée par le syndicat des joueurs au Kenya, la KEFWA, a montré qu'en raison des conséquences de l'actuelle pandémie de Covid-19, 74 % des joueurs étaient incapables de subvenir à leurs besoins de base : le syndicat a obtenu du gouvernement, de la fédération et de la ligue une petite contribution financière pour les joueurs des deux premières divisions.

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Rogelio Delgado (à gauche), président du syndicat des joueurs du Paraguay FAP, distribuant de la nourriture

Au Botswana, le syndicat des joueurs FUB a salué lundi la décision du gouvernement d'accorder à tous les joueurs de première et deuxième divisions une subvention de trois mois de salaire.

« Sept clubs étaient déjà en difficulté avant le début de la pandémie, et cela s'est aggravé depuis le début du confinement. Certains joueurs n'ont pas été payés depuis quatre ou six mois », a déclaré le secrétaire général de la FUB, Kgosana Masaseng.

« Les joueurs nous ont informés être à court de nourriture et d'articles de toilette et nous ont demandé des paniers de nourriture à la place de sommes d'argent. Nous leur avons fourni un approvisionnement de deux mois en riz, farine, pâtes et viande en conserve ».

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Onalethata Tshekiso, président de la FUB, Joel Mogorosi, ancien capitaine de l'équipe nationale, et Lesego Molemogi, vice-président, en train de vérifier l'approvisionnement alimentaire