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« La FIFPro ne se contentera pas d'assister les bras croisés à la façon dont on méprise systématiquement les droits des footballeurs dans le monde entier, et dont le secteur du football se détruit lui-même », affirme Philippe Piat, président de la FIFPro.

La FIFPro, le syndicat mondial des joueurs, a intenté un recours en justice pour s'attaquer de front au système de transfert, et à la situation économique actuelle du football professionnel.

Ce recours résulte des recommandations du groupe d'experts de la FIFPro sur les questions de transfert, communiquées au Comité directeur de la FIFPro, qui a approuvé un plan stratégique traitant de la liberté de mouvement des travailleurs au sein de l'Union européenne, de la loi sur la concurrence et les droits de l'homme. La FIFPro prépare tous les moyens nécessaires, y compris une action en justice, pour défendre les droits des footballeurs professionnels dans le monde en tant que travailleurs.

Le président de la FIFPro, Philippe Piat est catégorique : « Le système de transfert a toujours fonctionné et continue à fonctionner au détriment des droits de nos membres en tant que travailleurs et êtres humains ».

Le règlement de transfert de la FIFA, et son application dans la pratique entravent encore et toujours la liberté de mouvement des joueurs. Les indemnités de formation sont calculées en dépit de l'arrêt Bernard de la Cour de Justice à des niveaux beaucoup plus élevés que les frais réellement engagés, ce qui augmente d'autant le prix de référence pour le recrutement d'un joueur sur le marché des transferts. Une indemnisation exorbitante pour rupture de contrat est imposée aux joueurs, inimaginable dans n'importe quel autre secteur. Pire encore, la menace de sanctions sportives pour rupture de contrat durant la période protégée est maintenue constamment par le biais de renouvellement de contrats. Une telle situation n'avait jamais été envisagée en 2001, lorsque la FIFA, l'UEFA et la Commission européenne étaient parvenus à un accord informel sur les principes du système de transfert.

Ces entraves juridiques et financières qui engagent les footballeurs (les employés) vis-à-vis de leurs clubs du moment (les employeurs), ne peuvent plus être tolérées et maintenues.

« Le système de transfert est un échec pour 99 % des joueurs dans le monde, il manque à ses engagements vis-à-vis du football comme un secteur, et vis-à-vis du sport le plus apprécié au monde. Les instances dirigeantes du football, les clubs et les ligues affirment qu'il faut un système de transfert pour garantir l'équilibre compétitif, alors qu'il crée en fait un déséquilibre économique et sportif en cascade, qui ne profite qu'au 1 % des clubs et agents de joueurs les plus fortunés.

Les footballeurs sont des travailleurs, et ce n'est que lorsqu'ils pourront jouir de tous les droits prévus par la loi et dont bénéficient tous les autres travailleurs, que la FIFPro sera satisfaite », ajoute Piat, qui a annoncé que le système de transfert ferait partie de ses « premières priorités » lors de son élection à la présidence de la FIFPro en octobre.

L'Europe a historiquement joué un rôle de premier plan dans la lutte pour les droits des footballeurs (comme avec l'arrêt Bosman) et la FIFPro considère que l'Europe sera à l'avant-garde de cette transformation révolutionnaire. La FIFPro présentera ses recommandations et réclamations à la Commission européenne, à la Cour européenne de justice et à la Cour des droits de l'homme.

Selon Bobby Barnes, président de la Division Europe de la FIFPro : « Si le football attire des revenus record, le système de réglementation et économique du football échoue lamentablement sur bien des fronts, et mène le jeu professionnel tout droit à sa perte. À sa perte, en méprisant systématiquement les joueurs sur le terrain. À sa perte, en ne veillant pas à un équilibre compétitif et à la stabilité financière. À sa perte, en l'absence de gouvernance responsable, en incitant ainsi des délinquants à abuser de notre sport.

Des milliers de joueurs dans le monde entier ne sont pas payés dans les délais ou ne perçoivent aucun salaire, alors que 28 % du marché du transfert mondial (estimé à 750 millions de dollars annuels) sont reversés à des agents, et perdus pour le sport. Il y a là un sérieux problème.

Les joueurs non rémunérés sont la cible vulnérable de groupes criminels, à l'origine de matchs truqués, menaçant l'existence même de matchs de football crédibles. Le modèle industriel du football existant ne parvient pas à mettre en place une gestion professionnelle, et une culture de conformité en mesure de protéger notre sport des abus internes et externes. Au contraire, en l'absence d'équilibre compétitif, il encourage des modèles d'investissement spéculatifs, non durables, immoraux et illégaux, comme le système de la tierce propriété ».

La FIFPro attend de la FIFA et des autres parties prenantes essentielles qu'elles réagissent pendant qu'il en est temps, et qu'elles reconnaissent les joueurs et la FIFPro, pour lesquels nous représentons un porte-parole collectif puissant.

Théo Van Seggelen, Secrétaire général de la FIFPro : « La FIFPro s'assoit à la même table que la FIFA, dont les réglementations régissent le système de transfert actuel, l'UEFA, l'association européenne des clubs (ECA), les ligues de football professionnel européennes (EPFL), et nous resterons à cette table.

Nous sommes fermement décidés au dialogue, attendu que toutes les parties prenantes souhaitent honnêtement remettre en question le statu quo, et mettre en œuvre des changements fondamentaux dès aujourd'hui. Mais la FIFPro utilisera tous les moyens pour veiller au changement ».