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« Ma vie est un enfer parce que je ne peux pas jouer. » dit Guthrie Zhokinyu. L'ancien joueur de l'équipe nationale du Zimbabwe est suspendu à vie sans l'ombre d'un procès équitable. Zhokinyi et la FIFPro attendent désespérément que la FIFA prenne des mesures contre des sanctions prises par la Fédération zimbabwéenne de football (ZIFA).

« C'est moi qui nourris ma famille et mes parents. Je m'occupe de toute la famille. C'est moi qui veille au bien-être de notre famille... »

Guthrie Zhokinyu est un joueur de football âgé de 30 ans. C'est une pointure. Il a joué dans l'une des meilleures équipes du Zimbabwe, le Dynamos FC, et a fait 13 apparitions dans l'équipe nationale depuis 2008.

Désormais, sa vie est un véritable enfer. Il a les larmes aux yeux et parle d'une voix fragile. Il attend une solution qui lui permettra de résoudre la situation difficile dans laquelle il s'est retrouvé piégé. Il n'est pas fautif. Non, il est désespéré par l'attitude scandaleuse de Fédération zimbabwéenne de football et le manque de soutien de la FIFA.

Les ennuis ont commencé en décembre 2009. Zhokinyu était le capitaine de l'équipe qui a participé au Tournoi de la Cecafa au Kenya. Ce tournoi oppose les pays d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Est. « On m'a fait une proposition lorsque nous allions jouer les quarts de finale contre le Rwanda », se souvient-il. Des hommes sont entrés dans la chambre de Zhokinyu et lui ont ordonné de perdre le match 6-0. « Et là, à toi le pactole. » lui ont dit ses interlocuteurs. Les hommes lui ont « conseillé » de mettre deux ou trois joueurs dans la combine pour accepter de prendre les six buts en question.
« Je ne peux pas faire ça ! » a répondu Zhokinyu. Il n'a pas voulu se trahir, ni trahir sa famille, ses équipiers, son pays. « J'étais choqué. Je n'avais jamais vu une chose pareille. »
Zhokinyu a prévenu tous ses équipiers. « Nous avons décidé de ne pas vendre le jeu, mais de la jouer honnête. » Le Zimbabwe a perdu 4-1.

Plus tard, la ZIFA a découvert que l'équipe nationale du Zimbabwe avait organisé en 2007 et 2009 des tournées en Asie, où elle avait joué des matches truqués. Les matches de la Cecafa disputés au Kenya ont également fait l'objet de l'enquête. Finalement, la ZIFA a sanctionné 98 joueurs, administrateurs et officiels.

À sa grande surprise, Zhokinyu a appris qu'il était sanctionné. « J'ai appris par les médias que j'étais suspendu à vie. La lettre officielle de suspension est arrivée après. »

L'exclusion de Zhokinyu est particulièrement stupéfiante puisqu'il n'y a pas eu de procès (équitable). « La Commission de discipline ne m'a jamais convoqué. Jamais. »

« Ils ont simplement dit : Vous étiez le capitaine, vous étiez le leader. J'étais censé dire aux joueurs : « Ne jouez pas le jeu ». »

« Je ne suis pas coupable » a répliqué Zhokinyu. « Le chef de la délégation a su qu'on nous avait fait une offre et nous l'avions déclinée. »

« Tous les joueurs ont été suspendus. » Le chef de la délégation, lui, n'a pas été suspendu.

Le recours en appel était exorbitant, sachant que la Fédération zimbabwéenne a interjeté un appel dont les frais s'élevaient à 6000 USD et que le salaire moyen de la Ligue Premier du Zimbabwe évolue entre 150 USD et 400 USD par mois. « Tous les lettres que nous avons envoyées à la ZIFA ont la reçu la même réponse : « Il nous faut 6000 pour interjeter appel ». »

Zhokinyu n'a pas joué pendant plus d'un an. Il a même envisagé de déménager en Afrique du Sud, étant donné que la FIFA n'a pas étendu la suspension au niveau mondial.

Tel est le sort de Guthrie Zhokinyu. Il essaye de raconter son histoire dans une salle. Lui qui fut autrefois le fier capitaine de l'équipe nationale du Zimbabwe. Il a désormais laissé la place à un homme brisé...

« La ZIFA m'a mis au pied du mur. Je me sens complètement exclu du football. « J'ai supplié la FUZ (l'union des footballeurs du Zimbabwe) et la FIFA pro de m'aider à exhorter la FIFA de prononcer un jugement définitif puisque ça fait quand même plus d'un an que ça dure. »

« Ma vie est un enfer... »

 

La FIFA doit soutenir les joueurs zimbabwéens