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Même si les relations avec le président Issa Hayatou ont toujours été courtoises et positives et ont débouché, dès février 2011, sur la signature d’un accord commun dans lequel la Caf reconnaissait que la Division Afrique de la FIFPro représentait les footballeurs professionnels sur le continent, un vent nouveau souffle sur la Confédération africaine depuis l’élection de Ahmad Ahmad à la présidence, dont les effets permettront aux joueurs et à leurs représentants de franchir un palier supplémentaire. La présence de la Division Africaine au séminaire de la licence club, le mois dernier au Caire, ouvre, en tous les cas, la voie à une collaboration plus étroite et forcément fructueuse.

Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. Pour une première invitation officielle, ce furent comme des retrouvailles après un long voyage, et la présence – même furtive - du président de la Caf, Ahmad Ahmad, et de représentants de la Fifa a renforcé le sentiment unitaire, déjà ressenti lors de l’accueil chaleureux ou à la lecture de l’ordre du jour, qui allait permettre à Stéphane Burchkalter, secrétaire général de la Division Afrique de la FIFPro, de s’adresser directement aux instructeurs de la Caf, qui tenaient séminaire au Caire, le mois dernier.

« Il semble bien, confiait ce dernier, que la Caf a accepté l’idée que nous faisons partie intégrante de la famille, et que si nous défendons la cause des joueurs, c’est bien dans l’idée de servir l’intérêt supérieur du football en Afrique. Mais le football ne pourra grandir sur le continent que si les attentes et les besoins des joueurs sont réellement, et partout où le professionnalisme a le droit de cité, pris en considération. Un joueur dont l’avenir est assuré par un contrat de travail, un joueur qui est payé régulièrement, un joueur qui est assuré, un joueur qui s’entraîne dans de bonnes conditions, un joueur qui est éduqué... En résumé, un joueur qui n’a plus à penser, lorsqu’il est sur le terrain, qu’à pratiquer son métier de footballeur, parce que son esprit sera libéré, apaisé, n’en sera que meilleur, parce qu’il pourra alors se consacrer pleinement à son activité première et principale. Les clubs, les fédérations, la Caf, les joueurs eux-mêmes, tout le monde a à y gagner et c’est le message que nous portons depuis bientôt dix ans au sein de la Division Afrique et qui, petit à petit, et désormais au sein de la Caf, se fait entendre...

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« Est-ce à dire que demain, comme nous le souhaitons parce que cela fait partie de nos engagements auprès des footballeurs africains, des minimas standards, s’officialiseront dans un grand nombre de pays, mais surtout que ces minimas soient respectés, ce qui impliquera certainement que les fédérations, voire la Caf, les imposent, veillent à leur mise en place, et prévoient de sanctionner s’ils n’étaient pas respectés ? C’est, en tous les cas, la base pour le développement en Afrique d’un football professionnel juste et harmonieux !

« C’est pourquoi comme la Fifa et la Caf, la FIFPro et sa Division Afrique sont attachées au principe de la License club localement, mais aussi sur le plan continental pour toutes les équipes qui participent aux grandes compétitions de la Caf. L’exemplarité doit venir d’en haut et il est fondamental que les plus grandes équipes du continent montrent la bonne route à suivre et ce à tous les niveaux... »

Lors d’une présentation très didactique, Stéphane Burchkalter (photo) s’est également servi des outils promus par la FIFPro – une interview vidéo de Dany Alves, évoquant le football à deux vitesses – et par la Division Afrique, distribuant la Zcard, qui permet aux footballeurs des treize unions membres de tout savoir pour une bonne pratique de leur métier de footballeur

« Il était important, a insisté Stéphane Saint-Raymond, directeur de la communication de la Division Afrique, de rappeler aux instructeurs de la CAF, qui délivrent les messages des instances auprès des fédérations nationales et des clubs que la mise en place d’un football plus professionnel et de qualité ne dépend pas uniquement des infrastructures, de l’administration ou des choix tactiques sur le terrain, mais aussi, mais surtout, de la qualité des footballeurs et de leur bien-être sur et en dehors du terrain.

« Au Caire, la FIFPro Afrique a rappelé et martelé même un message sans équivoque : sans règle stricte pour protéger les joueurs, sans contrat écrit et sans paiement de salaire fixe et régulier, on ne parviendra pas à bâtir un football de très haut niveau en Afrique et il sera, également, impossible d’attirer durablement les partenaires commerciaux, susceptibles d’aider au financement d’un développement durable que chacun appelle de ses vœux ! »

Ce que Stéphane Burchkalter a repris dans sa conclusion : « Mettons en place des bases saines pour construire et intégrer des règles ambitieuses et protectrices pour les footballeurs d’Afrique. La CAF nous semble aujourd’hui décidée à avancer dans ce sens avec toutes les composantes du football, de manière plus régulière et plus professionnelle. Et elle compte, visiblement, s’appuyer désormais également sur la Division Afrique de la FIFPro, prête, elle, à relever le défi avec la Confédération comme avec chaque fédération qui entend jouer la carte des footballeurs ! »