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Comme souvent, il y a deux lectures possibles – au minimum – d'un événement, et le septième Congrès de la Division Afrique de la FIFPro, qui s'est tenu à Abidjan, n'a pas dérogé à la règle.

On ne pourrait y avoir vu que la continuité d'un travail débuté en 2007, et qui a déjà porté ses fruits. On pourrait évoquer, une fois encore, le professionnalisme de chacun des douze membres (1), l'enthousiasme des délégués présents, les résultats probants obtenus dans chaque pays, qui, en filigrane, ont rythmé les deux jours de travaux, assidus, lors desquels chacun, comme le veut la tradition, s'est exprimé, commentant là son bilan, évoquant ici les actions à venir.

C'est, en tous les cas, la teneur des propos de David Mayébi, représentant de l'Afrique au sein du Board de la FIFPro, lorsqu'il fallut conclure ce Congrès, parfaitement organisé par l'Associations des Footballeurs Ivoiriens (AFI) : « Une fois encore, si j'ose m'exprimer ainsi, le contenu a été à la hauteur du contenant, et nos travaux ont témoigné de la vigueur, du professionnalisme de chacun de nos syndicats ou associations, de l'enthousiasme et du sérieux de leurs représentants, de la force qui est en nous, de l'union qui nous permet d'entrevoir l'avenir avec sérénité.

Mais on pourrait également, d'un point de vue plus politique, se féliciter de la présence de Jacques Anouma, par exemple, membre du Comité exécutif de la Fifa et de la Caf, qui, lorsqu'il était aux commandes de la Fédération Ivoirienne de football, avait accueilli l'AFI les bras grands ouverts, « parce que cela allait dans le sens de l'histoire et de la justice ».

On pourrait, tout autant, applaudir aux mots du ministre des Sports de Côte d'Ivoire, qui a porté haut la voix de tous les footballeurs africains lors d'une allocution musclée : statut du footballeur, dialogue social, conditions de travail, protection des mineurs, Alain Lobognon, à qui il revenait d'ouvrir les débats, a placé la barre très haut à la grande satisfaction de tous les participants.

Un contrat standard en Côte d'Ivoire

Fallait-il entendre les mots de Sory Diabaté, premier vice-président de la Fédération Ivoirienne, en écho à cette intervention ministérielle engagée ? Peut-être bien... Toujours est-il que le lendemain, en clôture du Congrès, Monsieur Diabaté a promis que le projet de contrat standard, présenté à la FIF deux ans auparavant par l'AFI, allait enfin être validé par l'instance fédérale et entrer en vigueur au début de la prochaine saison.

Quelle plus belle conclusion que celle-là pour l'Association des Footballeurs Ivoiriens et pour tous les délégués ? Quelle belle victoire, à force de persévérance, de dialogue, d'abnégation ?
« Mais quand le dialogue ne suffit pas, il ne faut pas hésiter à faire la guerre car il ne faut jamais oublier que nous avons le droit pour nous, que nous agissons pour les joueurs, que nous n'existons que par eux, que pour eux », a rappelé Stéphane Burchkalter, le secrétaire général de la Division Afrique, appuyant son propos sur les deux présentations de Rinaldo Martorelli (premier vice-président de la FIFPro) et de Fernando Revilla (membre du board de la FIFPro), qui ont rappelé les combats menés dans leurs pays respectifs, le Brésil et le Pérou, pour faire reconnaître l'existence d'un syndicat et les droits des footballeurs.

Mais que ce soit par le dialogue ou par la force, les revendications ne peuvent être portées que par des syndicats ou des associations fortes, organisées, indépendantes et par des femmes et des hommes motivés.

Ils sont aujourd'hui pas moins de soixante-dix a œuvré quotidiennement en Afrique pour défendre les droits et les intérêts des footballeurs. C'est à eux tous, notamment, que Didier Drogba - engagé au sein de l'AFI, tout comme Kolo Touré et beaucoup d'autres internationaux ivoiriens -, s'est adressé dans une vidéo que le capitaine des Eléphants – qui préparait la Coupe du monde aux Etats-Unis avec la sélection au moment du Congrès - avait tenu à enregistrer pour apporter son soutien à une Division Afrique dont il est le président d'honneur – actif ! - depuis 2009.

(1) Afrique du Sud, Botswana, Cameroun, Côte d'Ivoire, Egypte, Ghana, Kenya, Maroc, Namibie, RD Congo, Tunisie, Zimbabwe

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1 - Jacques Anouma, ancien président de la Fédération Ivoirienne de football, et grand supporter de l’AFi, pendant son allocution.

2 - En leur qualité respective de premier vice-président de la FIFPro et de président de l’AFI, Rinaldo Martorelli et Cyrille Domoraud offrent à Alain Lobognon le fanion et la « fameuse » cravatte de la FIFPro…

3 - Le syndicalisme appliqué aux footballeurs péruviens ou le combat pour la liberté, l’allocution de Fernando Revilla, membre du board de la FIFPro, a marqué les esprits…

4 - La Division Afrique de la FIFPro, réunie autour d’Alain Lobognon, le ministre des Sports de Côte d’Ivoire, et de Jacques Anouma, membre du Comité exécutif de la Fifa et de la Caf.