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Il était encore plein de vie, ce lundi. Aucun signe extérieur de maladie lorsque, comme à son habitude, Cheik Ismaël Tioté, s’est rendu à l’entraînement avec son club chinois de Beijing Entreprises. Dans ce pays lointain où il s’est établi depuis quelques mois en provenance de l’Angleterre (Newcastle), l’international ivoirien avait, sans le savoir, rendez-vous avec la mort.

Pris d’un malaise cardiaque en pleine séance, « le Soldat » n’a pas eu les crampons assez fermes pour dominer cet adversaire imprévisible. Il a lâché son dernier souffle. A 30 ans. Et la nouvelle a très vite inondé la toile. Donnant, d’abord, l’impression d’une plaisanterie de mauvais goût. Avant que son manager, Emanuelle Paladino, ne mette fin au doute.

Les circonstances de sa mort

Première personnalité ivoirienne en Chine, l’Ambassadeur Adama Dosso est intervenu sur la chaîne nationale ivoirienne, lundi soir, pour donner les vraies circonstances de la disparition brutale du champion d’Afrique 2015. « Cheik Ismaël Tioté, a-t-il relaté, s’est réveillé à deux heures du matin. C’est le mois de Ramadan, il a pris son déjeuné comme tout musulman. Il a fait sa prière avant de rejoindre le centre d’entraînement. Sur place, il a participé à l’échauffement avec ses coéquipiers. Au terme de cette séance, l’entraîneur a formé deux groupes pour des travaux en atelier. C’est au sein de l’un de ces groupes que Tioté s’est écroulé tout seul. Le médecin du club s’est alors précité à son chevet avant que Tioté ne soit conduit à l’hôpital. Malheureusement, ce qui devrait arriver est arrivé (...) »

Un talent trop tôt disparu...

Milieu dit besogneux et au caractère bien trempé, Tioté faisait partie de la génération dorée des Eléphants. Révélé en 2009, à la faveur d’un match de gala contre le Cameroun de Rigobert Song (en mémoire des victimes du 29 mars 2009, au stade Houphouët-Boigny), il s’était installé avec brio au cœur du jeu de l’équipe nationale pendant de longues années. En 2015, il avait débuté la CAN avant de déclarer forfait en raison d’une blessure, qui aura largement interféré sur la suite de la carrière du joueur formé au FC Bibo et passé par Anderlecht (Belgique), Roda JC et Twente (Pays-Bas).

Mais Tioté a explosé littéralement à Newcastle United au point d’attiser alors la convoitise des plus grands clubs d’Europe dont Chelsea et Manchester City. C’était un joueur talentueux, au cœur de lion, qui est ainsi parti dans la fleur de l’âge. Car, même si son exil chinois semblait l’épilogue d’une carrière bien meublée, l’enfant de Treichville avait encore beaucoup à montrer.

L’hommage du monde sportif

La planète foot est plongée dans une profonde affliction. En regroupement à Amsterdam, les Eléphants ont été plus que choqués, on s’en doute. « On était tous consternés donc personne n’a pu parler », confiait, mardi, Roger Dédi, membre de la Cellule communication de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF).

A travers les réseaux sociaux, les réactions se sont enchaînées. « Mon frère Cheick, je n’arrive pas à y croire. Je ne t’oublierai jamais », lance, sur Twitter, un Yaya Touré au bord des larmes. Didier Drogba, l’autre légende du onze ivoirien, est lui « sans voix » sur le même canal.

Tiéné Siaka se fend, pour sa part, d’un témoignage plein d’émotion : « Nous sommes tous abattus, j’ai reçu un coup de fil d’un proche m’annonçant son décès. Nous sommes tous tristes. Sur le terrain, tout le monde savait que c’était un battant, un guerrier, quelqu’un qui ne lâchait jamais. En dehors, c’était une autre personne, quelqu’un d’attachant, de très jovial, de respectueux. Trente ans, c’est trop tôt, vraiment trop top !», regrette l’ancien latéral parisien.

Avec lui, on apprend, également, que l’épouse de Tioté, enceinte, doit accoucher ces jours-ci. De quoi aviver, s’il en était besoin, la douleur d’une famille que le monde du football ivoirien va soutenir comme il se doit. L’Association des Footballeurs Ivoiriens (AFI), concernée au plus haut point par cette mort brutale, n’est pas en reste. « Que c’est triste d’être séparés aussi brutalement d’un joueur qui a longtemps et vaillamment défendu les couleurs du pays, un champion dont l’exemple de combativité restera gravé dans l’esprit des jeunes et dans celle de tous les supporters. Nous pleurons un champion, un frère, un ami. Fasse Dieu que son âme repose en paix. Nos condoléances les plus attristées à son épouse et à sa famille », peut-on lire sur sa page facebook de l’AFI. La FIF salue, quant à elle, la mémoire d’un joueur qui « a fait l’unanimité sur son talent et donné le meilleur de lui-même sur le terrain ».