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Les négociations menées par la FIFPro, le syndicat mondial des footballeurs, en vue de réformer le système de transfert des joueurs de football ont été confrontées à un premier obstacle majeur la semaine dernière, lorsque les représentants des ligues et des clubs ont refusé d'approuver des propositions clés de protection des joueurs en cas de retard de paiement de salaire, ou de résiliation sans juste cause de leur contrat.

Les pourparlers, qui se tenaient à la FIFA, ont été reportés sine die. Les négociations étant dans l'impasse, la FIFPro a convoqué une réunion extraordinaire de la Division Europe pour traiter de cette question cruciale. Les syndicats de joueurs de 29 pays en Europe se rassembleront demain et jeudi (28–29 janvier) à l'hôtel Hilton à Athènes, en Grèce.

Théo Van Seggelen, Secrétaire général de la FIFPro, a répété que le principal problème auquel est confronté le football professionnel aujourd'hui réside dans le manque de respect des clubs de leurs obligations contractuelles vis-à-vis des joueurs.

« Chaque année, près de 4 000 joueurs déposent un recours auprès de la FIFA parce que leur club ne les a pas payés, ou a résilié leur contrat sans juste cause. Les affaires s'accumulent, et les joueurs doivent attendre plusieurs années pour une audition dont l'issue sera en leur faveur dans 90 % des cas.

La carrière d'un joueur se jouant sur le court terme et étant de nature précaire, ces retards ne sont pas admissibles. Les clubs profitent désormais de ces retards au moyen de procédures vexatoires et lourdes, dans le but d'éviter ou de réduire autant que possible les indemnisations.

La FIFA ne tient même pas compte dans le cadre de la procédure de l'étendue du problème au niveau national, dans la mesure où elle n'est compétente que pour entendre les litiges entre les joueurs et les clubs de différentes nationalités.

Il convient de prendre de toute urgence des mesures de base afin d'assurer une stabilité pour les joueurs dans le cadre de leurs relations contractuelles avec les clubs, et d'éviter que les droits contractuels des joueurs ne soient bafoués en permanence de façon aussi généralisée ».

Bien que les négociations aient débuté en mars 2014, l'Association européenne des clubs (ECA) et l'Association européenne des ligues professionnelles de football (EPFL) ont omis d'approuver quatre propositions clés de la FIFPro destinées à garantir la stabilité contractuelle du football professionnel :

  • Qu'un joueur qui n'a pas été payé depuis plus de 30 jours puisse choisir de résilier son contrat moyennant un préavis écrit d'au moins 10 jours afin que le club puisse lui régler son dû
  • Qu'en cas de résiliation d'un contrat d'un joueur par un club sans juste cause, ou par le joueur pour défaut de paiement, le joueur ait droit à une indemnisation financière, soit le règlement du contrat par le club
  • Qu'un tel joueur soit en mesure de trouver du travail sans restrictions, y compris en dehors de toute fenêtre de transfert
  • Les réformes s'appliquent à l'échelle internationale et nationale.

« Ces réformes feraient des contrats du joueur professionnel un dispositif à double sens », affirme Van Seggelen.

« La situation serait alors très différente par rapport aux droits d'un club autorisé, en cas de rupture d'un contrat par un joueur, à responsabiliser ce dernier du paiement de son propre montant de transfert, et à le sanctionner. Quant aux valeurs de transfert, elles ont bien évidemment échappé à tout contrôle, et les joueurs sont ainsi responsables du règlement de millions de dollars, ce qu'aucun autre employé n'aurait jamais à assumer.

Pour que le système soit équitable, il doit accorder aux clubs comme aux joueurs des droits et responsabilités réciproques, conformément à la réglementation en vigueur en matière d'emploi ».

L'interruption des pourparlers sur un point aussi fondamental laisse planer des doutes sur les négociations futures relatives u système de transfert.

« La FIFPro était prête à négocier des réformes du système de transfert susceptibles de l'améliorer pour toutes les parties prenantes du football », raconte Van Seggelen

« Le système de transfert est défaillant pour le football et ses footballeurs, ce qui souligne la nécessité de réformes plus approfondies. »

« La FIFPro est de plus en plus préoccupée par l'écart qui se creuse entre riches et pauvres dans le secteur du football, et les problèmes économiques auxquels le football doit faire face malgré des revenus records. »

« Toutefois, le débat ne pourra être élargi que si des parties prenantes clés, comme l'ECA et l' EPFL, soutiennent des mesures fondamentales, à même de garantir la stabilité et la sécurité d'un contrat de joueur dans le domaine du football professionnel », conclut Van Seggelen.